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mercredi 31 juillet 2013
Les couleurs de la Mongolie
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lundi 29 juillet 2013
L'esprit de la Mongolie en noir et blanc
La sélection noir et blanc des photos de Mongolie est en ligne sur le site. Cliquez ici pour aller sur la page.
Voici le slideshow.
samedi 17 septembre 2011
Naadam ! Les trois sports de l'homme
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C'est à Pékin que le Naadam commence,
pour nous. Dès que nous réalisons que celui-ci débutera le
surlendemain de notre arrivée à Oulan Bator, nous décidons de
réserver un hôtel. La chose n'est pas aisée, c'est la période la
plus touristique dans le pays. Alors je ne vous parle pas de la
capitale à la veille du plus gros festival national ! Tous les
hôtels sont réservés. Les touristes arrivent de partout dans le
monde pour assister au spectacle. Nous finissons par trouver deux
lits de dortoir dans un petit appartement tenu par une française.
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Nous débarquons donc l'avant veille
des festivités, avec Malte et Verena, et sommes tous d'accord pour
foutre le camp avant que celles-ci ne commencent, comme nous vous
l'avons raconté quelques billets plus haut. Parce que le Naadam dans
la capitale, c'est plus de touristes que de locaux dans les rues,
c'est des places dans les tribunes du stade à 40$, c'est
l'impossibilité de se loger à moindre frais. Et cela pendant toute
la semaine qui vient. Nous préférerions tous fêter ces deux
journées dans une ville plus petite, où ce sera moins touristique,
ou les cérémonies seront plus modestes mais plus authentiques et où
le contact avec la population locale sera plus aisé.
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D'après nos renseignements, la ville
de Tsetserleg, à une journée de route à l'ouest de UB (désolés,
les français ne disent pas OB), célèbre le festival les même
jours que la capitale. Nous organisons donc notre périple en prenant
en compte que cette ville sera notre première étape, et que nous
devons y être le plus vite possible.
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Le Naadam, c'est LA fête la plus
populaire de Mongolie, tant auprès des mongols que des visiteurs
étrangers. Les nomades viennent à cheval, parfois de très loin,
pour assister aux compétitions des trois sports traditionnels, les
trois sports de l'homme, comme on dit dans le pays: la course de
chevaux, le tir à l'arc, et bien sûr, la lutte.
C'est Gengis Khan qui instaura cette
fête, en 1206. Alors forcément...
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Une fois l'itinéraire choisi et
l'équipe qui nous emmènera formée, nous prenons donc la route...
Nous bivouaquons en chemin, et arrivons
en milieu d'après-midi à Tsetserleg le 11 juillet, censé être le
premier jour du Naadam. Mais à notre arrivée dans cette jolie
capitale d'aimag, l'atmosphère a un goût de fin de fête. Nous nous
renseignons... Les festivités ont commencé la veille, et viennent
juste de se terminer !
Sacre Bleu ! On a tout raté ! Tout?
Non. La foule se concentre derrière le stade. Nous garons notre Uaz
et allons la rejoindre, marcher entre les yourtes, cabanes et camions
installés provisoirement (un pléonasme, en Mongolie, c'est vrai),
où la population termine la journée.
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Des hommes torses nus et aux ventres
gigantesques cuvent leur vodka à l'ombre des yourtes. Des gamins
surexcités traversent l'endroit au galop sur des chevaux aux yeux
révulsés par le bruit et la foule. La population rit aux éclats,
attablée devant des yourtes où l'on se restaure en buvant de
l'airag et en mangeant des
khorchor
et des buuz,
ces délicieux dumplings au mouton, frits et huileux ou cuits à la
vapeur et collants. Vieux et jeunes se pressent aux stands de
fléchettes ou de loteries. Malgré la taux moyen d'alcoolémie
relativement élevé, l'ambiance est finalement plutôt bonne. Et on
se prend au jeu.
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Si nous sommes frustrés d'être
arrivés un peu tard, nous repartons contents de ce premier bain de
foule locale. De toute façon, comme le dit le proverbe mongol, on
ne se lasse pas de l'arc parce qu'on est rentrés bredouille de la
chasse. Ce n'est que partie remise. En effet, le Naadam est fêté
tout au long de l'été. Il suffit de tomber au bon endroit au bon
moment...
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Un jour, nous arrêtons le van sur la
piste pour regarder une folle cavalerie d'une cinquantaine de chevaux
galopant ventre à terre, au loin, montés par des gamins de 5 ou 6
ans qui leur chantent à l'oreille de quoi les stimuler sur une
distance ahurissante de 25 ou 30 km. Lors de ces courses, les
accidents ne sont pas rares, tous les cavaliers n'arrivent pas en
selle. Mais peu importe, seul le cheval compte, dans ce pays où l'on
érige des statues dans les centre-ville en hommage à tel ou tel
étalon qui a marqué l'histoire équestre de la province. En effet,
un cheval sans mini-jockey sur le dos mais passant la ligne d'arrivée
est tout de même pris en compte ! Le cavalier n'est qu'un outil, le
plus léger soit-il, pour maintenir la vitesse de sa monture.
Bogui nous raconte qu'elle aussi,
petite, participait au Naadam, et qu'elle a eu son heure de gloire,
gagnant, à l'âge de 5 ans, l'une de ses courses. Mais elle a arrêté
à 8 ans, lorsque, suite à une chute, elle a commencé à avoir de
sérieux problèmes de dos. Heureusement pour la famille, le cheval
s'était bien remis de l'accident. Mais la mère de Bogui décida
tout de même que s'en était fini du triple galop pour la jeune
cavalière. Bogui, les yeux étincelants, en parle toujours avec
beaucoup d'émotion.
- Quand on galope, on dirait qu'on
vole, me répète-t-elle à plusieurs reprises lors de notre trek à
cheval.
Mais elle reconnaît que les risques
pris par ces gamins, qui montent les chevaux sans selle et sans
étriers, sont énormes. Les décès son nombreux, et être invalide
dans ce pays est sans doute la pire des récompenses.
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Parfois, nous nous arrêtons dans une
yourte, et, après les salutations de base – « Bonjour,
comment va la famille? Comment va le bétail? Votre herbe est-elle
bonne? » - nous sommes invités à suivre un match de lutte en
direct sur leur petite télévision. Télé qui est branchée sur une
batterie de voiture, comme d'habitude, et dont la qualité de l'image
et du son sont tellement mauvaises qu'on en attrape des maux de crâne
après seulement quelques minutes. Les lutteurs, ces trop-pleins de
testostérone, ces montagnes de muscles et de graisse mesurant
généralement plus de deux mètres de haut, vêtus
d'accoutrements à la superman (sans sa cape), et de slips à rendre
fou de jalousie Aldo Maccione, torses et bedaines à l'air,
tournent l'un autour de l'autre, et tentent de se faire chavirer sans
se donner de coups. Le gagnant aura le droit de voir passer le
perdant sous son aisselle (rien que ça, ça ne donne pas envie de
perdre!), et d'enchainer avec une danse de l'aigle, tournant autour
du perdant et du jury en mimant le vol de l'oiseau, en tirant une
gueule d'enterrement brejnevien, avec la grasse d'un sumo marchant
sur des œufs. Pour nous, c'est assez décalé. Mais il ne faut pas
rire. La lutte est le plus macho des sports mongols, et si l'on
esquisse ne serait-ce qu'un sourire en voyant ce spectacle, c'est
l'honneur de toute la nation que l'on bafoue. L'hospitalité mongole
a tout de même ses limites...
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Lorsque Ishka apprend, au Lac Blanc,
que c'est son lutteur qui a
gagné, rien ne peut arrêter sa joie. Il termine la soirée avec une
cuite aussi mémorable que sa gueule de bois le lendemain!
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Une fois aux dunes de Khongoryn, nous
apprenons qu'à Mandalgov, les 28 et 29 juillet, se tient le Naadam.
A deux jours près, nous le rations définitivement, car c'est la
dernière étape du voyage avant de rentrer sur Oulan Bator. Une âpre
discussion s'ensuit, je vous le racontais, et nous décidons d'y
assister.
Après
avoir commencé par la clôture de la fête, au début du
voyage, et avoir vu certaines épreuves par la fenêtre du van ou à
la télé au fil des jours, aurons nous, avant de quitter le pays, la
possibilité d'arriver assez tôt pour voir les épiques cérémonies
d'ouverture ?
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Ce matin là, nous nous levons à
l'aube. Nous ne sommes pas très loin et voyons la petite capitale
grossir au fur et à mesure que nous nous approchons. Des yourtes ont
été montées pour l'événement. Nous doublons quelques gamins
s'entrainant sur leurs chevaux. Nous allons jusqu'au « centre-ville »
où la foule très matinale se presse autour d'une haute statue
recouverte d'un voile. Bogui nous explique que ce matin, un nouveau
monument sera inauguré. La télévision est présente, des moines
dans leur robes rouges sont par centaines assis autour. La foule est
vêtue des apparats des grandes occasions, aux couleurs aussi flashy
que multiples: manteaux jaunes, chapeaux aux formes ahurissantes,
capes bleues, bottes roses, combinaisons violettes...
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Tout le monde se pousse pour essayer de
voir quelque chose. Un officiel du gouvernement arrive en grande
pompe dans un gigantesque Hummer noir au vitres teintées, escorté
par une demi douzaine de 4x4, sirènes hurlantes au milieu d'une
foule qui ne parvient pas à ouvrir un passage au convoi. Les
policiers en uniformes gesticulent, menacent de leur matraques. Une
voie est ouverte. Le personnage en question peut sortir de sa voiture
et prononcer, devant caméras et photographes venus en nombre, un
discours qui paraît impressionner beaucoup moins la foule que la
voiture de laquelle il est sorti. Il repart aussitôt. Reconvoi
bloqué. Re flics et matraques.
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C'est l'heure de voir ce que cache ce
voile. La statue est découverte dans un grand « Oooohhh ».
C'est un cheval. On l'aurait deviné.
Leur passion pour cet animal n'a pas plus de bornes que n'en compte
ce pays sans route, propriété privée ou clôture. Bogui nous
explique que c'est la sculpture du gagnant des trois ou quatre
Naadams précédents, et qui est tombé raide mort à l'arrivée de
sa dernière course, l'année passée. Le pauvre a fini dans la
gloire, ça lui fait une belle jambe. Son riche propriétaire, dans
toute son humilité, a offert ce monument à la ville. Tout le monde
s'extasie devant la figure de bronze figée en plein galop, crinière
au vent, muscles tendus. Les anciens se remémorent les exploits de
l'animal. Quel est leur pronostic pour cette année? Les paris vont
bon train.
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Une fois cette inauguration terminée,
nous montons vers le stade improvisé sur un bout de steppe où
commence tout juste la cérémonie d'ouverture. Chaque Sum (petit
village) de l'aimag (province) a envoyé une sorte de délégation,
pour la représenter. Des centaines d'enfants, d'hommes et de femmes,
accoutrés comme des personnages sortis de Star Trek, attendent de
défiler sur la pelouse du stade. Nous nous faufilons au milieu et
sommes pris par l'excitation contagieuse que peu de participants
parviennent à contenir. Mais attention, aucun second degré dans ces
costumes. Le Naadam, c'est pas Mardi Gras. C'est très sérieux.
Chacun vit sa présence sur cette pelouse comme un hommage.
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Et puis les portes s'ouvrent. Pris dans
le mouvement, nous sommes propulsés sur la pelouse du stade. Nous
voici aux premières loges! Un à un, les groupes défilent, exhibant
des costumes tantôt moyenageux, tantot kitch, tantôt... hmmm, hot.
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Les spectacles s'enchainent. Un
orchestre se donne à fond. Des chanteurs s'époumonent dans des
micros dont les grésillements
et le larsen sont à peine supportables. Des danseuses
légèrement vêtues se déhanchent autant que la bienséance locale
l'autorise. Des acrobates sautent, rebondissent, flips et saltos...
L'émotion prend le dessus. Tina et moi lâchons quelques larmes de
joie que nous parvenons mal à cacher. Mais qu'importe.
Nous sommes si heureux de vivre
cela à la fin de ce
voyage au pays des nomades. C'est la meilleure conclusion que nous pouvions
espérer. Ce peuple de cavaliers sauvages, ces cowboys des steppes, nous émerveille, ce pays est
extra-ordinaire au sens premier du mot. Tout ici est
tellement loin de nos habitudes, de nos façons de faire, de nos
modes. C'est absolument fascinant. Colette disait que le voyage n'est nécessaire qu'aux imaginations courtes... (Ce qu'on peut entendre comme conneries !) Elle n'est sans doute jamais passée par la Mongolie.
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Au terme de la cérémonie, nous
comprenons qu'en même temps, sont arrivés les premiers enfants sur
leurs chevaux. Nous avons raté cela, mais la cérémonie valait
vraiment le coup. Nous cherchons l'endroit où se déroulent les
combats de lutte et ne trouvons pas. Certains nous disent qu'ils ont
déjà eu lieu, également pendant la cérémonie d'ouverture ! C'est
l'organisation à la Mongole ! Nous parvenons tout de même à voir
un peu les archers envoyer leurs flèches à 65 mètres avec une
précision déroutante.
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Nous déjeunons, comme à Tsetserleg,
dans les yourtes qui proposent du mouton et de l'airag.
Et puis des nuages se lèvent et
s'amassent dans le ciel. Le gris devient de plus en plus inquiétant.
Nous passons au milieux des stands qui proposent des jeux de
kermesse ou d'acheter toutes sortes de babioles, et savourons le
moment... Mais la pluie s'abat violemment tout à coup sur la ville.
Les gens courent en tous sens, s'abritent où ils le peuvent, sous un
stand, sous un parasol, derrière un camion.
La
fête paraît se terminer ainsi, en eau de boudin. Le reste
des festivités est annulé pour le reste de la journée.
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Nous remontons dans le camion et
conduisons hors de la ville. Nous passons notre dernière nuit en
yourte avec une gentille petite famille d'éleveurs de chèvres
vivant dans une très belle région. Nous nous délectons de cette
dernière nuit en yourte, de ces derniers moments au contact des
nomades.
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Réveil brumeux. Nous avons une grosse
journée de route pour arriver à Oulan Bator.
Plus qu'aucun jour auparavant,
la terre est dure et le ciel est lointain.
Ishka nous chante ses dernières
chansons. Bogui nous conte ses dernières histoires. La piste
déroulent ses derniers kilomètres et les collines dévoilent leurs
derniers troupeaux de chevaux.
La Mongolie est derrière nous. Elle
nous manque déjà. Il faudra y revenir. Vite.
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T&B
samedi 10 septembre 2011
Golden Gobi
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Ça y est, terminé de se
prendre pour un cavalier-archer descendant direct de Gengis Khan,
nous revoici aux côtés d'Ishka et de son 4x4. Ils nous attendaient
de pied ferme 100 km plus bas que l'endroit où ils nous avaient
laissés, au campement se trouvant à la sortie du parc des Huit
Lacs.
Nous quittons nos chevaux avec émotion, bien que notre postérieur mettra plusieurs jours à se remettre de cette foutue selle mongole! Nous passons donc la nuit dans une des yourtes de cette famille que connaissent déjà Ishka et Bogui.
Nous quittons nos chevaux avec émotion, bien que notre postérieur mettra plusieurs jours à se remettre de cette foutue selle mongole! Nous passons donc la nuit dans une des yourtes de cette famille que connaissent déjà Ishka et Bogui.
Dovdon, notre horseman,
qui – comme nous autres - avait attaqué la journée très fort,
n'a pas réussi à se remettre du voyage et a également dormi au
camp. Il faut dire que, Tina a omis de vous le conter, la dernière
journée de cheval a été assez éthylique!
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D'abord nous sommes
passés par le camp du « voisin » de Dovdon. 10H du
matin. Comme il était blessé à la jambe, l'alcool a coulé à
flot... dans nos gosiers! Comme d'habitude en Mongolie, nous avons
donc commencé par le traditionnel petit déjeuner complet, c'est à
dire composé d'airag (le lait de jument fermenté) et de vodkas de
toutes origines – mongole pour le petit goût de lait (normal,
c'est le petit dèj), et russe pour le petit goût de patate, parce
qu'il faut bien se nourrir.
C'est là que nous avons
rencontré Sylvie, cette française de 25 ans, venue passer un an
avec la famille d'un éleveur, également venus visiter le pauvre
voisin estropié. Elle était venue en vacances en Mongolie, mais
« avait encore des questions sans réponses à son départ ».
Estomaqués nous étions devant son récit. L'hiver, comme pour les
Mongols en général, aura été sa saison préférée. Elle
repartira, comme prévu, à la fin de l'été. J'espère qu'elle a
trouvé quelques réponses à ses questions.
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Nous avons continué le
chemin sans Dovdon. Il avait visiblement encore soif et a proposé de
nous retrouver au grand lac, deux heures de cheval plus loin.
Heureusement que le cheval était là pour le porter! Mais malheur à
nos foies, près de ce lac où nous déjeunions, nous avons rencontré
une bande de jeunes randonneurs d'Outre-Manche dont les guides locaux
avaient cassé leur réchaud. Nous leur avons donc prêté le notre.
Pour nous remercier, l'un d'eux, qui, par chance, connaissait la sœur
du pote d'un beau-frère dont le cousin est le proprio de la yourte
qu'on voyait au loin là bas, en est revenu avec un bidon plein
d'airag. La pause déjeuner s'éternisait. Une fois le bidon vidé,
nous avons fini par lever le camp. Mais avec les vapeurs d'alcool
émanant de l'haleine et de la sueur de Dovdon, le pauvre cheval
commençait à tituber presque autant que son maître...
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Une fois au campement où
nous avons donc dormi, l'apéro de bienvenue l'a achevé. Le pauvre a
terminé à dormir dans le coin inexistant de la yourte de cette
nouvelle famille qui nous accueillait, contrainte d'héberger
l'ivrogne pour la nuit.
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Le lendemain matin est
très inégal en gueule de bois pour les uns et les autres. Dovdon,
qui, il faut bien le dire, avec ses moustaches et sa mâchoire
carrée, jouit d'un visage patibulaire mais presque, fait une gueule
à effrayer un ours slovène. Mais les au-revoirs, malgré les
haleines fétides, sont très chaleureux. Il faut dire qu'il m'aimait
bien, le Dovdon. Moi, j'aimais surtout ses chevaux.
Nous remontons donc dans
le mode de transport mongol du XXIè siècle, le UAZ. Direction, le
Sud. Le Gobi.
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Ce premier jour, nous
commençons donc à nous enfoncer dans ce désert qui fait trois fois
la superficie de la France, coincé entre le Sud de la Mongolie et le
Nord de la Chine. Nous roulons jusqu'au
lac asséché d'Orog Nuur, au pied d'une petite chaine
montagneuse, et y rencontrons une charmante famille d'éleveurs de
chèvres. Nous passons un bon moment avec eux, et les aidons à
rassembler et traire leur bêtes. Nous décidons de bivouaquer pas
très loin. Plus tard dans la soirée, leurs trois filles nous
apportent du yaourt frais et du lait chaud. Nous les remercions en
leur offrant des fruits et quelques tablettes de chocolat Golden
Gobi.
Ce
chocolat porte bien son nom. Le coucher et, le matin suivant, le
lever de soleil sont majestueux. La lumière est chaude, le soleil
rougit au dessus d'une végétation buissonnante et moribonde. Le
sable prend une teinte dorée, et les montagne s'enflamment dans un
ciel qui les recouvre petit à petit de ses étoiles.
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Le
lendemain, nous nous perdons au milieux de collines, à
chercher, sans GPS, une grotte. Nous tournons en rond pendant des
heures dans un paysage sans piste ni chemin, qui n'offre aucun relief
particulier, pas même un arbre, à essayer de déchiffrer la route à
suivre sur une carte au millionième. Autant
chercher une puce dans le pelage d'un cheval! Les
nomades que nous rencontrons tous les 10 kilomètres nous indiquent,
à la façon des Mongols, d'un doigt plié, bras tendu vers la
steppe, que c'est à une distance moyenne vers le sud-est, ou, plus
loin, le doigt tendu vers l'horizon, que c'est assez loin, mais vers
le sud-ouest. Qu'y a t-il de plus relatif que les distances dans ce
pays. On ne les compte pas en kilomètres, mais en journées de
cheval, voire de Jeep pour les plus riches. Nous ne trouvons pas.
Tout le monde s'engueule. Malte a faim, Hanna est fatiguée, Verena
de mauvais poil, Bogui est embêtée de nous faire tourner en rond,
Ishka est têtu et veut trouver... Les joies du voyage en groupe.
Nous finissons tout de même par la trouver cette grotte qui ne paye
pas de mine, et sommes récompensés par un spectacle de la nature
mongole : Un double arc en ciel en plein désert de rocaille. Nous
sommes à l'entrée du Gobi. Ces arches colorées nous souhaitent la
bienvenue, tel un immense portail ouvrant la voie du désert.
Dernières gouttes d'eau avant Oulan Bator. Cela nous rappelle que
nos bouteilles se vident de plus en plus vite au fur et à mesure que
le mercure du thermomètre monte, et qu'il va nous falloir trouver un
puits avant les dunes de sable si nous ne voulons pas mourir de soif.
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Nous continuons à rouler
vers le Sud. Peu à peu, le terrain devient sableux. Les dunes de
Kongoryn Els finissent par se montrer, au bout d'une route qui paraît
interminable. Nous débarquons dans un petit camp de cinq ou six
yourtes au pied de ces montagnes mouvantes, sous une chaleur
accablante. Tina et moi nous lançons dès cette fin d'après-midi à
l'assaut de ces masses de sable. Le soleil se couche lentement,
impossible de se décider à rentrer au camp. Pourtant, il y a plus
d'une heure de marche pour rentrer aux yourtes. Mais nous
retrouverons bien le chemin...
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Depuis le sommet de l'une
de ces dunes, nous assistons donc au coucher de soleil, seuls,
seulement tous les deux, enfin tous les deux. Spectacle saisissant de
la lumière du couchant colorant le sable tour à tour de
jaune foncé, d'ocre, d'orange, de rosé, puis de pourpre. Nous
aurions dû prendre nos duvets et dormir ici, à la belle étoile,
mais les nuits peuvent être très froides, donc mieux vaut rentrer.
Le Gobi est en effet le désert le plus froid de la planète, et,
même en été, les température peuvent descendre en dessous de
zéro. Nous sommes dans le noir total, pas de lune cette nuit, juste
un ciel incroyablement étoilé, plus d'astres que nous n'en avions
jamais vu auparavant. Heureusement pour nous, les yourtes du camp ont
aussi allumé leurs petites ampoules branchées sur des batteries de
voiture. Nous les apercevons du haut des plus hautes buttes de sable.
Elle nous permettent de nous orienter. Sans elles, nous n'aurions
jamais pu retrouver le camp et aurions sans doute passé la nuit
dehors, finalement.
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Un petit coup de tabac à priser?
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Nous restons deux jours dans ce camp qui nous offre l'occasion d'une
pause. Nous y mangeons de la chèvre (le meilleur morceau de viande
que j'ai avalé depuis des années, même les trois végétariens du
groupe se sont régalés), et y buvons de l'airag de chamelle, doux,
épais et crémeux.
Nous y faisons une sympathique randonnée à dos de chameaux. Photos,
dunes, danse du ventre entre les deux bosses, mal de mer à trois
mètres au dessus du sol. Et les douleurs postérieures qui se
réveillent. Cliché de touriste, pour nous aussi.
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Il faut dire qu'ils sont nombreux, les occidentaux, dans ce coin du
Gobi. Peut-être pour nous la possibilité de se laver. Dernière
occasion avant la capitale, dans une semaine. Nous allons donc voir
si c'est possible dans l'un de ces gigantesques « tourist ger
camps », ces usines à voyageurs du dimanche, arrivés par cars
entiers ; des camps de dizaines de yourtes d'un blanc immaculé,
meublées des matelas les plus épais du pays, alignées le long de
vilains chemins de gravier tracés au cordeau (dans un pays ou
absolument rien n'est droit), organisées autour d'un restaurant à
la déco ultra kitch où l'on sert de la baguette grillée et de la
confiture de fraise au petit déjeuner. Le tout affiche une laideur
ahurissante. Ces camps se multiplient à travers le pays, en
particulier autour de la capitale. Leur peste du siècle. Ainsi, même
les plus fortunés des touristes peuvent avoir, ou plutôt
l'impression d'avoir, leur expérience authentique d'une vraie nuit
en yourte, avec d'authentiques nomades ayant délaissé leurs moutons
pour les plus rentables troupeaux d'Allemands et d'Américains
bedonnants. Des nomades sédentarisés par les authentiques dollars
qui coulent à flot des poches de ces authentiques voyageurs. C'est
triste comme une baleine qui s'échoue sur une plage. Dieu merci,
nous n'y dormons pas, mais, hypocrites que nous sommes, ces camps
nous offrent bien la possibilité d'une authentique douche (commune),
et à 5€, sans doute la douche la plus chère du pays, nous
comptons bien en profiter. C'était d'ailleurs pas tant pour le luxe
de se doucher en plein désert, mais plus pour se débarrasser, entre
autres, de l'odeur de cheval trainée depuis des jours!
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Le robinet du camp
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En sortant, on se sent si léger! Ça n'a pas duré longtemps. A
peine revenus à notre camp, comme pour nous corriger d'avoir souillé
le sol du désert avec notre courte douche, un mur de poussière
rouge se forme et nous fonce dessus. Une tempête de sable. Panique
dans le camp. Il faut vite fermer les toiles des yourtes, et lester
les structure poids plumes des tentes avec d'énorme bidons de 30
litres d'eau attachés au poteau central... afin que le tout ne
s'envole pas à des kilomètres.
La tempête est là, la yourte est secouée en tous sens. Afin d'en
profiter encore plus, nous sortons et en prenons plein la figure. Au
sens propre. Les chameaux restent zen et tournent le dos au vent,
leur naseaux filtrant le sable.
Nous nous abritons dans le van et regardons le vent et le sable se
déchainer contre tout ce qui est debout. Yourtes, véhicules, bêtes.
Ça dure une bonne heure, et puis ça se calme. On ressort encore
plus crasseux qu'avant la douche! Le sable s'est incrustés dans nos
cheveux, dans nos vêtement, dans nos pores. Trois centimètres de
sable dans la yourte, on en retrouvera de partout dans nos sacs,
notre matériel, notre bouffe et nos appareils photo pendant des
jours.
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Nous finissons par quitter cette petite bande de sable d'une centaine
de kilomètres de long, un peu solitaire dans l'immense Gobi qui lui,
est plutôt plat. Je ne cesse de penser à Slavomir Rawicz, un
lieutenant de l'armée polonaise, qui prétend dans son livre s'être
évadé d'un goulag sibérien et, avec six de ses camarades de
cellule, avoir marché pendant deux ans pour fuir le communisme à
travers l'Asie, traversant la Sibérie, la Mongolie, le Gobi, la
Chine, jusqu'en Inde. Il décrivait d'ailleurs le Gobi comme une
immensité de dunes, chose difficile à croire lorsque l'on est sur
place. La steppe plate est devant, les montagnes juste derrière. Il
prétendait aussi y avoir marché sans boire pendant 9 jours
consécutifs, ce qui le discrédita auprès de nombreux spécialistes.
Quoiqu'il en soit, nous enchainons plusieurs journées de paysage
identique. Et vide. Du plat. Encore du plat. Toujours du plat. Et un
long nuage de poussière qui colle à notre UAZ filant sur une piste
aussi droite qu'un soldat chinois dans ses bottes. Les yourtes et les
voyageurs se faisant de plus en plus rares, les chameaux morts,
gisant au bord de la route, nous rappellent que la moindre panne
pourrait vite devenir dramatique. Trouver de l'eau, encore de l'eau.
Pas sûrs de pouvoir tenir autant qu'un fuyard polonais.
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Je marche seul...
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Nous finissons par arriver à Yolyn Am. Un très beau canyon fleuri,
qui est gelé la plus grande partie de l'année. Nous bivouaquons à
la sortie de celui-ci, au milieu d'un paysage magnifique.
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Ravitaillement en eau dans un puits, sur la route
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Passage délicat dans un canyon
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Qui dit canyon, dit rivière, qui dit rivière, dit qu'on lave le linge!
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Yolin Am
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Bivouac à la sortie du canyon
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Le matin suivant, la discussion du petit dèj est tendue. Continuons
nous, comme nous l'avions prévu à Oulan Bator, sur les Flaming
Cliffs, le domaine de Roy Chapman Andrews, l'aventurier
paléontologue des années 30 qui inspira le personnage d'Indiana
Jones à Steven Spielberg et George Lucas? Ou bien tirons nous un
trait sur cette région qui fut jadis peuplée de dinosaures (les
fossiles, notamment d'oeufs, en témoignent) pour filer sur
Mandalgov, la ville principale de l'aimag (province) du Sud-Gobi, car
le Naadam, la fête nationale, s'y tient dans deux jours... En ce qui
concerne Tina et moi, nous préférerions sauter sur l'occasion de
passer un peu de temps entourés de Mongols, de voire la foule en
habits traditionnels, de célébrer avec eux la fête la plus
importante de l'année. Les autres préfèreraient continuer comme
prévu. Hanna finit par se joindre à notre « camp ».
L'argument qui fait basculer la décision en notre faveur, c'est que
sur la route, il y a les Falaises Blanches.
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Montage de tente dans le plus grand des terrains de camping
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Nous voici donc sur la route de ces falaises. Étrange paysage
karstique au milieu de l'immensité plate du Gobi. Ces falaises, de
plusieurs dizaines de mètres de haut, prennent, au soleil couchant,
des tons multiples. Tina et moi courons en tout sens pour essayer
d'immortaliser le monument naturel et ses couleurs sur nos capteurs
d'appareils photo. Nous prenons également l'air... le fait d'être
en permanence avec les trois autres commençant à nous peser. En
particulier les discussions comme ce matin qui se répètent de plus
en plus souvent, et sont toujours de plus en plus compliquées.
Justement, Verena nous fait signe. Nous allons la voir. Ils nous font
savoir qu'ils aimeraient bivouaquer ici. Mais si nous dormons ici,
nous raterons tout le Naadam qui commence tôt le lendemain matin.
Mandalgov est à au moins 5h de route. Rediscussion interminable.
Depuis des jours, on remet tout en question en permanence, chaque
jour. On dirait qu'ils ne sont jamais contents. La tension est montée
d'un cran dans le groupe. Ce sont pourtant des gens avec qui l'on se
sent très bien, mais passer trois semaines non-stop avec des
personnes qui nous étaient encore inconnues deux jours avant le
départ, dans des conditions de voyage, de confort, d'hygiène, de
partage, de fatigue, parfois de tension, ou de prise de décisions
particulières, ce n'est pas complètement anodin. On a beau essayer
d'épargner le reste du groupe de nos plus noires humeurs, lorsque
l'on est tout le temps ensemble, on finit par très vite connaître
les qualités et défauts de chacun d'entre nous. Loft Story dans
l'espace d'un 4x4. Les caméras en moins. Notre chance? Être 5, un
nombre impair, les décisions, qu'on voulait au départ prendre dans
le compromis, finissent souvent par être prises démocratiquement,
trois personnes contre deux. Les perdants cachent leur frustration,
les gagnants, leur joie.
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Sur la route, quelques villages perdus, isolés, sinistres...
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Ces gens ont beau nous être très sympathiques, le voyage en groupe,
ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. La différence avec les
groupes que nous formions en Chine, c'est que là bas, chacun était
libre de vaquer à ses occupation pendant la journée. Chacun était
libre d'aller manger où et quand cela lui chantait. Et la situation
n'était pas subie. Lorsque au Tibet, Tina, Liza et moi avons décidé
de partir sans les gars dans les montagnes de Danba, rien ne nous en
empêchait. Ici, le contexte est inverse. Nous n'avons qu'un van,
qu'un chauffeur, toutes nos décisions doivent être prises ensemble,
avec le consentement de Bogui et Ishka qui nous disent la faisabilité
de nos projets ou idées.
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Après un gros trajet effectué de nuit, nous dormons à l'entrée de
Mandalgov, afin d'y être tôt le matin, pour le début des
cérémonies d'ouverture. Mais le Naadam, et la fin du voyage, nous
vous les raconterons dans le prochain billet.
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T&B
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