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mardi 27 décembre 2011

Санкт-Петербург


 
A 2h30 du matin, le train quitte la gare de Leningrad en direction de la deuxième ville de Russie, la moderne, l'ancienne capitale à l'esthétique jugée étrangère par les Russes, bordée par la mer baltique, avec ses canaux et ses ponts, la rivale de Paris ou Venise au rang des plus belles villes européennes, construite au début du XVIIIe par la tsar Pierre le Grand. Aujourd'hui, c'est surtout la ville de Poutine...
Dans le train, nous rencontrons évidemment beaucoup de monde. Nous découvrons à quel point cette ville est aimée par le peuple russe. Il s'agit presque d'un pèlerinage pour eux.

Au bout de 14h de trajet, nous arrivons à Saint Petersbourg.

C'est notre dernière étape en Russie. Encore une fois, le moral un peu dans les chaussettes, nous visitons la ville entre deux averses.

 



 
Et puis ça se termine pour la Russie. Nous avons nos billets d'avion pour Paris. Nous décollerons de Tallinn. Nous achetons nos billets de bus pour la capitale estonienne un jour plus tôt, histoire de s'offrir une toute dernière escale avant le retour au bercail.

Nous ne serons pas déçus.
Inch' Allah, nous vous posterons cela avant la fin de l'année...

;)
T&B

dimanche 23 octobre 2011

Transsibérien

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Ce sera donc le Rossiya qui nous emmènera à Moscou. Le Rossiya, c'est LE transsibérien, celui auquel tout le monde pense en prononçant le nom de cette ligne. Car en fait, tous les trains, régionaux, ne faisant que le trajet entre deux villes sibériennes, ou ceux parcourant les 10.000 kilomètres séparant le Pacifique de la capitale russe, sont des transsibériens. Il n'y a qu'une ligne allant d'un bout à l'autre. Le Rossiya est le seul train enchainant les tchacatchacs à travers toute la Sibérie, sans relâche de Vladivostock à Moscou et inversement, arborant fièrement à travers plaines et taïga les couleurs nationales blanc, bleu et rouge de ses wagons .

Nous montons dans notre wagon, en classe plastkartni. Un peu plus de 70 heures en 3ème classe, ça risque d'être long, mais nos finances – ou plutôt le peu qu'il en reste - nous y obligent. Il s'agit d'un wagon de 60 personnes, sans véritables cloisons fermant les compartiments, sans portes, sans rideaux. Tout les passagers vivent ensemble pendant toute la durée du voyage. Il faut donc espérer avoir des voisins sympa, parce qu'en réalité, le transsibérien, c'est peut-être avant tout les voyageurs avec qui l'on partage l'espace entre quatre couchettes, les tentatives de discussion dans la langue de l'un ou de l'autre, dans un baragouinement d'anglais ou, au pire, dans des tentatives désespérées de mimes. Et elles ont toujours été sympa ces rencontres, jusque là. Car, rappelez vous, pour nous, le transsibérien a commencé à Pékin. Il y eu d'abord ces jeunes Mongols de l'Est, qui, dans leurs livres, nous firent découvrir leur pays sans songer que nous en tomberions vite amoureux. Puis il y eu Malte et Verena, avec qui nous commencions à faire connaissance avant de nous lancer sur les pistes des steppes pendant trois semaines. Et puis il y eu Irena, qui est peut-être mariée à l'heure qu'il est. Qui serons nos camarades de voyage, cette fois-ci?

Le temps de mettre nos sacs sous les banquettes en skaï ou dans les filets au dessus de nos têtes et de nous installer, Tina en haut et moi en bas (choix stratégique), un jeune russe d'une vingtaine d'années prend place sur la couchette en face de la mienne. Zdrastvouytye. Il s'assied sur sa banquette, face à moi, et me regarde. Dans un anglais hésitant, il me demande, avec un sourire espiègle:
- Étrangers, n'est-ce pas?
- Oui.
- J'en étais sûr.
Et il continue de préparer sa couche. Interloqué qu'il ne me demande pas d'où nous venons, comme si le simple fait de savoir que nous ne sommes pas russes lui suffisait à satisfaire sa curiosité, je fais comme lui et m'occupe avec mes draps et couvertures.
Puis une femme monte, la quarantaine. Elle aura la deuxième couchette du haut. Elle parle en russe avec le jeune. Ils nous regardent, chacun y va de ses hypothèses pour savoir d'où nous venons. La femme a les yeux vitreux et son sac en plastique fait des bruits de bouteilles qui s'entrechoquent.

Ça promet.

Mais, même russe, une femme reste une femme, et sa curiosité va plus loin que celle du jeune homme. Elle ne parle pas anglais, elle lui demande donc de nous poser des questions.
- Elle veut savoir d'où vous venez.
- France et Slovénie.
- Ah. Et vous vous êtes rencontrés en voyage?
- Oui... Il y a 9 ans.
Il traduit. Ils ne commentent pas. J'enchaine.
- Et vous? Êtes-vous d'Irkoutsk?
- Oui.
Silence... Ça change des pays traversés auparavant où les gens montraient toujours beaucoup de curiosité à notre égard, ce qui facilitait le contact. Ici, nous ne somme plus si spéciaux après tout. Il faudra se réhabituer à être « normaux ». J'enchaine donc, dans l'espoir d'en savoir un peu plus sur eux.
- Et où allez vous?
- A Krasnoyarsk, les deux.
D'une certaine manière, je suis rassuré. Nous n'aurons pas à les supporter pendant trois jours s'ils s'avèrent être de véritables portes de goulags.
- Et vous? J'imagine que vous allez à Moscou, continue le garçon. 
- Oui. (Décidément, il devine tout).
La conversation finit par prendre.
- Elle est bourrée. Et ce qu'elle raconte n'a pas beaucoup de sens, nous confie-t-il en désignant la femme. Elle s'appelle Svetlana, et moi, c'est Vitaly.
- Regardez ce que j'ai dans mon sac, nous dit elle. Des bières. Vous en voulez?
Vitaly refuse gentiment, nous permettant de décliner cette invitation sans avoir l'impression d'être trop impolis. Il nous explique que, en Russie, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer en Europe de l'Ouest, il est rigoureusement interdit de boire dans le train. La provodnitsa, la responsable du wagon, veille sur le calme, la propreté, le samovar, et vend des petites friandises, du thé et du café. Elle a l'œil partout. En plus, elle loge juste derrière nous et a d'ailleurs déjà repéré l'allure de soûlarde de Svetlana. Si elle nous prenait à boire de l'alcool, l'amende serait lourde.
Mais Svetlana insiste et nous explique la technique pour ne pas se faire attraper. En fait, selon elle, ce sont les bouteilles d'alcool qui sont interdites. Il suffit donc d'avoir des verres... et de cacher les bouteilles. Mais bien sûr! Et si on nous demande, nous dirons que c'est du jus de pomme! Les deux russes, en habitués des trajets à rallonge, ont justement leurs gobelets avec eux, mais nous n'en avons pas. Qu'à cela ne tienne, Svetlana va voir la provodnitsa. Elle revient avec des sachets de café instantané... et des verres. Les capsules sautent, nous voici trinquant avec nos timbales en aluminiums et nos godets émaillés. Trois étudiants tchèques, voisins et voisines de couchettes, que le bruit et l'odeur auront sans doute attirés, nous rejoignent. La provodnitsa, pas vraiment dupe, nous repère vite. Aïe. Elle emmène Svetlana à part pour lui parler. Nous redoutons la contravention. Et puis Svetlana revient avec 7 canettes d'un demi litre de Baltika, la bière locale. C'est la Provodnitsa qui les a sorties d'entre ses piles de draps. Elle les vend au noir et double ainsi son salaire. Nous descendons les litres rapidement, retournant plusieurs fois nous ravitailler auprès de la chef de bord.

Alors que la nuit tombe et que le wagon commence à s'endormir, nous parlons de plus en plus fort. Tina et moi sommes évidemment les premiers à tituber verbalement. Mais il est compliqué de communiquer, Svetlana ne parlant pas un mot d'anglais. Vitaly a une idée, jouons au jeu des mimes. Il faut se faire deviner des mots, des expressions ou des phrases en les mimant. Ceci devrait résoudre le double problème de la langue et du bruit. Mais ça ne marche pas du tout, nous faisons évidemment encore plus de bruit.
De l'atmosphère que je trouvais encore glaciale il y a quelques heures, nous passons à une franche rigolade. Polyglotte. Les excités du wagon, ceux qui empêchent 50 personnes de dormir, c'est nous. Un peu gênés, nous constatons que personne de viendra se plaindre. Pas même la provodnitsa. J'imagine qu'elle assume. En troisième classe, on amène ses boules Quiès et on supporte. Ou alors on paye pour être en kupe!

Le lendemain matin, la gueule de bois n'est pas arrangée par le roulis du train. Il n'y a pas idée de prendre le transsibérien lorsque l'on supporte aussi mal l'alcool que nous deux! Nous discutons avec Vitaly et Svetlana. Elle nous raconte qu'elle vient de perdre son père, elle retourne chez elle après les funérailles. Voici qui explique son état, hier. Vitaly nous explique qu'il va retrouver sa copine, et qu'il prendront l'avion pour aller passer le week-end à St Saint-Pétersbourg. Nous parlons histoire, politique. Il mentionne Napoléon, je lui précise que les Français l'aiment bien moins qu'il ne l'imagine. Je mentionne Poutine, il me réplique que les Russes l'aiment bien plus que nous ne l'imaginons. Et Medvedev? Un pantin. Nous voici d'accord. Nous échangeons nos e-mails. Faisons une photo. Les deux reprennent alors cette tête d'enterrement typique des Russes. En regardant ce que ça donne sur l'écran de l'appareil, ils se marrent tous les deux. Un Russe ne sait pas sourire sur une photo, nous disent-ils, ça fait partie des choses immuables de ce pays. Et puis ce sont les embrassades d'adieux. Le train, beaucoup trop tôt à notre goût, a fini par arriver à Krasnoyarsk. C'est avec regret et émotions que nous laissons partir nos deux compagnons d'une nuit d'ivresse. Première leçon russe: Dans ce pays, la glace peut être épaisse, et après l'hiver, c'est le printemps. Il faut donc savoir ne pas s'arrêter à cette froideur de surface, et laisser sourdre la chaleur des Russes. Elle finira par enivrer autant que leur vodka, peut-être de façon aussi pernicieuse et inattendue.
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Le train repart. Encore une soixantaine d'heures à faire. Nous traversons notre premier fuseau horaire. Il y en aura quatre autres, en trois jours. Rapidement, on ne sait plus trop où on en est.
A bord, on se nourrit principalement de thé et de Dochirak, ces nouilles déshydratées au bœuf ou au poulet. Le samovar en bout de wagon fournit de l'eau bouillante à volonté. Quand le train s'arrête en gare, c'est pour 10 à 20 minutes, le temps de se dégourdir un peu les jambes, de trouver une de ces mamies sur le quai qui, pour quelques roubles, vous vendra des œufs durs, des pommes de terres chaudes ou une cuisse de poulet qu'elles sortent de leurs glacières. Avec un peu de chance, et à conditions d'être assez rapide, on aura peut-être droit à quelques produits frais qui se font tant désirer sur ce train: tomates, concombres, pommes.

A Krasnoyarsk, c'est une jeune femme avec sa petite gamine de 4 ou 5 ans qui prend la place de Vitaly. Puis un homme des bois qui prendra la couchette du haut. Là, plus personne ne parle anglais. Difficile de communiquer, autrement que par des regards furtifs, timides, des sourires. Et puis par le partage, première règle à bord de ce train. Biscuits, crackers salés, cacahuètes ou pignons de pin, on distribue à droite et à gauche. La gamine est une vraie pipelette, incroyable. Elle se balade dans tout le wagon et fait connaissance avec tout le monde. Notre voisine de couchette finit par l'adopter, nounou temporaire de voyage. 
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Les journées se ressemblent. Le paysage défile à 60 km/h. Des bouleaux, des cabanes en bois, des petits villages. Tchacatchac tachacatchac, sur le même rythme que le passage des poteaux électriques. On regarde dehors de temps en temps, et puis on se remet à dormir, ou on se replonge dans son bouquin. C'est le moment de remettre à jour le carnet de route. Tchacatchac tchacatchac, comme une berceuse. Les autres voyageurs sont calmes. Ils dorment. Chacun a son rythme dans ce train. Certains sont aux Dochirak et saucisson sec à 8h du matin avant d'attaquer une énième partie de cartes, d'autres sont au chocolat chaud à midi, entre deux siestes. Un touriste, au fond, s'efforce de lire son Guerre et Paix. Il s'était juré de l'avaler jusqu'à la dernière page avant d'arriver au bout de la ligne. Mais c'est peine perdue. Personne ne le lui a dit, mais dans le transsibérien, on n'a pas le temps de lire tant que ça. Trop de rencontres, trop de partage.
Dehors, c'est toujours le même paysage, qui défile lentement. On se sent comme dans une bulle de savon incontrôlable, filant au gré du vent, nous isolant du paysage que l'on voit pourtant défiler passivement sous nos yeux, en silence. Personnellement, j'ai trouvé cette expérience frustrante, d'une certaine façon, parce que j'aurais aimé pouvoir sauter du train et visiter ces petits villages le long de la voie ferrée. Connaître la Sibérie rurale. Rencontrer la mamie qui retourne la terre de son potager, le papi sur son tracteur, l'éleveur qui réunit ses bêtes, la famille qui rentre à pied au village. Faire la campagne de Russie. A ma façon. Et en hiver. De la Carélie au Kamtchatka, en passant par St-Petersbourg et la mer Baltique gelée puis par les territoires touvains de l'Altaï où vivent les nomades et les chamanes. Ce sera dans un prochain voyage, peut-être. En deux roues. Ou trois, au guidon d'un side-car vert, comme celui de Boltchykoti. Avec un vieux casque en cuir et de grosses lunettes d'aviateur, à fond sur la glace du lac Baïkal ou longeant les rives de l'Amour. Traversant les 10 fuseaux horaires du pays à ma vitesse. Ah ouais, ça aurait de la gueule, ça !
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Après notre deuxième nuit à bord, arrivés à Novosibirsk, la mère et sa gamine laissent place à... une autre gamine du même âge, mais cette fois, accompagnée de sa grand-mère. Bien moins pipelette, bien plus pleurnicharde (la gamine). Pas plus facile de communiquer, mais la mamie, une experte en origamis, décidera de nous faire partager son savoir-faire. Nous voici à plier religieusement des petits bouts de papier dans tous les sens, jusqu'à ce qu'ils se transforment, comme par magie après le dernier pliage, en petits anges. Et notre voisin de derrière se met à jouer de la guitare et à chanter.
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Tina commençait à tourner en rond, moi, j'aurais finalement pu y passer encore un ou deux jours. C'est reposant, ce train, ça fait du bien. Et puis... Je n'ai pas envie d'arriver. Ce trajet, c'était trop tôt le début de la fin. Et voilà. Nous sommes déjà sur les immenses quai de la gare de Leningrad, à Moscou.
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mardi 4 octobre 2011

Bons baisers de Russie?

Lénine nous montre le chemin...
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Nous allons jusqu'à la gare d'Oulan Bator en « taxi mongol ». Le taxi, à Oulan Bator, c'est facile: C'est la première voiture qui vient!
Vous vous plantez sur le bord de la route, vous faite des signes aux voitures – à toutes les voitures - qui passent, et en moins de deux minutes, pour 500 tugriks (0,30€) du kilomètre, quelqu'un s'arrêtera pour vous emmener où bon vous semble (à conditions que vous ayez été assez clair dans vos mimes et bruitages en guise d'explication).

Dans le train, nous faisons la connaissance d'Irena, jeune et jolie Russe bouryate, originaire d'Oulan Oude, à la frontière mongole. Elle a les traits asiatiques, et se dit de confession bouddhiste. Elle nous explique avec naïveté les affres de l'amour lorsque l'on s'éprend d'un jeune kirghize musulman, qui entend appliquer le coran à la lettre dans leur vie quotidienne. Amour post-soviétique. Fini les mini jupes, fini le maquillage. Elle refuse encore de porter le voile. Mais elle l'aime. Ils parlent déjà de mariage. Elle va rencontrer sa future belle famille, à Bishkek, dans quelques semaines... Que lui dire?

Le passage de la frontière mongolo-russe prend une éternité. Pendant plusieurs heures, nous restons en place, portes fermées, toilettes condamnées, à regretter le litre de thé que l'on vient d'avaler. Il nous faudra en tout huit heure pour passer cette zone.

Nous descendons du train à Irkoutsk au petit matin. Le trajet n'a duré que 36h. Au fond, ce n'est pas grand chose quand on regarde ce qu'il nous reste à parcourir jusqu'à Moscou.
Nous peinons à casser nos billets de 1000 roubles afin d'avoir le change pour prendre le vieux tramway grinçant qui nous amènera au centre-vile.

Nous posons nos sacs dans une guest-house et avalons quelques cafés qui nous permettent enfin d'ouvrir les yeux... Mon Dieu! Mais cette ville ressemble étrangement à Ljubljana! Où sont les Bouryates, les Mongols, les Iakoutes? Ces peuples sibériens aux yeux bridés, ces natifs de la Russie orientale? Nous sommes pourtant encore si loin de nos pays. 7000 km à vol d'oiseau. Kaboul est moins loin, les guerriers Masaïs vivent moins loin, les eaux de l'Amazone retrouvent celle de l'Atlantique moins loin que cela! Nous voici dans une ville complètement européenne – fut-elle slave -, nous voici revenus dans un monde de Blancs! Nous n'en revenons pas. Tina a l'impression d'être chez elle, et moi aussi. L'architecture et les couleurs des immeubles, la langue, la nourriture. Tout se ressemble. C'est une évidence que nous nous étions refusés à concevoir jusque là. Nous n'étions pas préparés à vivre ce changement de monde, ce retour à la maison, si brutalement. Nous imaginions la Sibérie encore un peu asiatique. Finalement, l'Europe va bien au delà de l'Oural... elle va jusqu'au Pacifique.
Nous sommes déçus. Et puis nous sommes déçus d'être déçus, c'est encore pire.

A peine quelques minutes après notre arrivée, une fanfare défile dans la rue. Une centaine d'hommes en costumes rayé bleu et blanc font vibrer leur trompettes et tambours. L'esprit paraît bon enfant. Il faut dire qu'il n'est que 8h du matin!
Les gens nous mettent immédiatement en garde. C'est la « journée des parachutistes ». N'allez pas trainer au bord de l'Angara ou sur les quais. Dans deux heures, tous seront soûls et n'attendront qu'une seule chose, se battre, entre eux, ou avec le premier passant qui se présente. Être étranger est pour eux déjà plus qu'une provocation.

Deux heures plus tard, nous voici sur les bords du fleuve, où, effectivement, ils sont tous déjà pleins comme des outres. Les voix claquent, les regards sont vitreux, les mouvements imprécis, l'atmosphère tendue. Déjà, trois d'entre eux se jettent sur un pauvre chinois habillé en touriste chinois. Ils essayent de lui enfoncer son chapeau jusqu'au menton. Les insultes xénophobes fusent. Tous sont hilares. La femme de l'un des soldats fini par réagir. Le chinois repart hagard, en ayant bien cru que ses vacances allaient se terminer à l'hosto.
Profil bas, nous ressortons de ce quartier qu'on nous avait pourtant déconseillé.

Statue de Lénine, rue Karl Marx, deux trois maisons traditionnelles en bois... et un peu partout ces foutus groupes de militaires russes bourrés comme des Polonais qui errent en fantômes menaçants, plombant l'atmosphère. C'est avec un enthousiasme brisé que nous visitons cette ville moyenne (500.000 habitants) souvent décrite comme étant la plus belle de Sibérie.
Nous dinons dans un restaurant qui nous sert des portions microscopiques de saumon et de lasagnes pour un prix exorbitant. Décidément, cette ville ne nous plait pas.
Nous décidons de fuir à travers la taïga jusqu'au lac Baïkal dès le lendemain.

mardi 2 août 2011

Arriver à pied par la Chine? Pas si simple...

Ce jour là, nous nous sommes levés avant 6h. Nous avons pris nos gros sacs à dos, devenus lourds sous le poids des souvenirs qui s'accumulent. Nous avons pris une dernière fois, émus, le métro pékinois. Nous nous sommes assez attachés à ce pays, et ne savons pas quand nous y retournerons... Un jour, c'est sûr, mais quand?
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A la gare, l'excitation en nous commence à monter. Nous allons enfin prendre ce mythique transmongolien! Nous nous arrêtons devant le train, et lisons, tout contents, l'enseigne en cyrillique « Pékin - Moscou » sur certains wagons, « Pékin – Oulan Bator » sur d'autres. Nous allons monter dans l'un de ces derniers, mais, pour des raisons financières, allons descendre non pas au terminus, mais à Erlian, la dernière ville avant la frontière mongole pour, le lendemain, sortir de Chine « à pied » (exactement comme nous y sommes entrés), et reprendre un train mongol une fois de l'autre côté. Cela coûte cinq fois moins cher. Dans le train, plein de blancs. Nous n'en avons jamais vu autant depuis le début du voyage, mais avec Malte et Verena, le couple d'Allemands que nous avions rencontrés devant l'ambassade de Russie, nous allons être les seuls à descendre à la frontière.
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Notre premier contact avec les Mongols se fait dans ce même train, dans notre « kupe » (compartiment 4 places), que nous partageons avec deux jeunes mongols étudiant le Chinois à Dalian, en Chine, et qui rentrent à la maison pour les vacances d'été. Nous nous rendons vite compte que oui, les mongols ont les traits asiatiques, mais leur énergie est très différente. Ils sont ravis que nous nous intéressions à leur pays, et nous sortent vite un bouquin de photos sur l'Ouest mongol, la région des chamans et des Kazakhs chassant à cheval avec des aigles, celle où nous aimerions tant aller...
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Déjeuner dans le Transsibérien, tout un symbole...
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Le paysage a évolué devant nos yeux tout au long de la journée; les arbres devenant de plus en plus rares, le sol de plus en plus aride et jaunâtre, laissant peu à peu place au désert de Gobi. Nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil.
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Nous descendons donc du train à Erlian, et passons la nuit dans un hôtel bon marché.
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Le lendemain matin, le passage de la frontière s'avère plus folklorique de ce que nous ne l'avions imaginé. D'abord il faut prendre deux taxis pour aller jusqu'à la frontière. La douane mongole n'étant pas loin de la chinoise, on pourrait facilement imaginer qu'il est possible de la passer à pied. Mais non, c'est interdit. On ne peut la traverser qu'en voiture! Il ne nous reste pas d'autre choix que d'approcher ces vieilles Jeeps mongoles qui attendent pour passer des marchandises en Mongolie, et de leur demander de nous emmener de l'autre côté, moyennant finance, bien sûr. La négociation est dure, ils connaissent la situation et en profitent!
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Il y a trois sections, en fait: de la route jusqu'au poste frontière chinois (un garde laissant passer les voiture au compte goutte); du poste frontière chinois au poste frontière mongol; et enfin, c'est le deal, du poste frontière mongol jusqu'à la gare de Zamyn-Üüd (3km). Nous avons donc bien fait de refuser de payer le chauffeur tant que le passage n'était pas terminé. Les autres touristes, moins prudents, ont été abandonnés par leurs chauffeurs une fois du côté mongol. Il se retrouvent donc avec leurs sacs à plusieurs kilomètres du bled. Du coup, certains profitent de notre Jeep, où nous parvenons à nous y entasser à 10 plus les sacs de chacun, littéralement assis les uns sur les autres, pour gagner la gare... Je ne pardonnerai jamais à cette jeune française de s'être assise sur les genoux de Sébastien! ;)
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Il ne nous restait plus qu'à acheter les billets de train pour UB (Oulan Bator), mais zut, il n'y avait plus que des « sièges durs », pour un voyage de nuit, c'est à dire des wagons pour lesquels les tickets sont vendus sans aucune limite, les gens se débrouillant ensuite pour s'entasser comme ils le peuvent sur les banquettes et dans l'allée centrale. Bref, si on peut éviter... Heureusement, nous avons appris que, plus tard dans la soirée, il y a avait un autre train avec quelques couchettes libres. YES! Nous n'avons que 11h à attendre dans cette gare!
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La bonne surprise de l'endroit, c'était le resto végétalien. Je ne m'étais pas imaginé qu'il était possible de manger végétalien en Mongolie. Encore moins dans la gare d'un bled paumé en plein milieu du Gobi mongol!
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Le soir venu, nous étions de nouveau complètement excités par l'idée d'être en Mongolie. Cette fois-ci, nous avons partagé le « kupe » avec Malte et Verena. Nous avions la fièvre voyageuse et je ne sais plus qui a commencé, mais nous nous sommes retrouvés tous les quatre à chanter LE tube français des années 80 que tout le monde connait: Desireless... Voyage voyage... plus loiiin-innn que la nuit et le jouuuuur... (vous voyez laquelle?), rythmé par la tchaktchak tchakatchak des chemins de fer mongols.
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Press the button Verena...
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Réveil au son du violoncelle mongol dans le kupe d'à côté...
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Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés dans les steppes vertes parsemées de yourtes et de troupeaux de chevaux, yaks, chèvres et moutons. Pour la première fois (mais pas la dernière), nous ressentions l'immensité du paysage mongol. Nous savions déjà que les semaines qui nous attendaient allaient être très spéciales.
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Arrivés à Oulan Bator, nous devons nous occuper de tout un tas de choses. Les deux jours qui suivent, nous rencontrons Hanna, une copine de Verena qui les a retrouvés ici, et formons un groupe pour voyager tous les cinq. Il faut donc se mettre d'accord sur l'itinéraire à suivre, sur les activités que nous voulons faire (cheval, trek...) et tout organiser. Nous trouvons un chauffeur avec son vieux Uaz, et une nana qui nous servira de guide et d'interprète pendant les trois semaines à venir.
C'est Sébastien qui s'est occupé de la majorité de l'organisation, je lui ai fait confiance. Moi, j'étais au lit avec une mystérieuse fièvre éclair qui a disparu aussi vite qu'elle est apparue...
Le 10 juillet, au petit matin, nous sommes prêts à démarrer un voyage que nous n'oublierons pas de si tôt... Nous vous raconterons cela dans les prochains billets.
A très bientôt.
T&B

mercredi 18 mai 2011

Hanoi

La Rue, c'est le nom de la bière...
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C'était notre base au Vietnam, de notre entrée dans le pays jusqu'à notre départ en train de nuit pour la région des minorités montagnardes de Sapa. Nous avons donc découvert la ville en plusieurs fois, et grâce à Chi et Sylvain, qui nous ont logés, nourris, blanchis, rhabillés, guidés, conseillé et nous ont permis de passer un séjour au Vietnam vraiment reposant, sympa et particulier. Nous les remercions encore une fois pour leur générosité, leur hospitalité, leur disponibilité et le temps qu'ils nous ont consacré, entre visites, explications sur le pays et restaurants typiques.
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Alors, Chi, qu'est-ce que tu nous commandes pour ce soir?
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Au bord du lac de l'épée
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Donc nous avons fait trois petits séjours à Hanoi. Le premier en arrivant, le deuxième après la baie de Halong, et le troisième après Ninh Binh. Et à chaque fois, nous étions ravis de repasser par cet endroit. Hanoi, avec tous ses petits lacs, est une ville vraiment attachante.
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Le voisin de nos hôtes,
sirotant son nectar maison de vodka au fruit de la passion...
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Certes, elle bouillonne en permanence, les motos y pullulent, le bruit y est constant, c'est pollué et la poussière s'infiltre de partout... Mais c'est une ville extrêmement charmante (en particulier la vieille ville). Les cafés y sont à même le trottoir. Les hommes y fument leur surprenante pipe à eau en bambou sur de petits tabourets, en buvant un café vietnamien ou en sirotant du thé, avec un vacarme ambiant de klaxons et de motos pétaradantes. Entre deux cafés, on trouve des échoppes où l'on peut manger un pho, soupe de nouilles qui se déguste avec des herbes fraîches, ou encore des nems, frits ou crus (rouleaux de printemps), également assis sur de tout petits tabourets de dinette de petite fille... D'ailleurs, tout se passe dans la rue: Si on y mange, c'est qu'on y cuisine. On peut aussi s'y faire couper les cheveux, s'y faire raser, s'y faire curer les oreilles. On peut y acheter à peu près tout. On m'y a même proposé de l'opium...
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Traverser, dans ce pays, c'est assez folklorique!
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Ce qui est intéressant à Hanoi, c'est que c'est une capitale encore très asiatique. Les grande villes d'Asie ont tendance à s'occidentaliser à grande vitesse (tour de verre et d'acier, mode européenne, consumérisme, etc.), mais Hanoi garde ses traditions... Même si l'on y donne les prix plus souvent en dollars US qu'en dongs!

Les artistes y sont nombreux. Dans le quartier ancien, on se croirait dans un Montmartre à la vietnamienne: Des petites ruelles qui invitent à être explorées, des affiches de propagande communiste à l'effigie de Ho Chi Minh, père de la nation, sur les murs, des métiers traditionnels transmis de génération en génération et pratiqués à même le trottoir. C'est un spectacle dont on ne se lasse pas.

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À Hanoi, nous avons également rendu visite à l'« Oncle Ho », dont nous parlions plus haut. Reposant dans un gigantesque mausolée (à l'encontre de sa volonté), dans un tombeau de verre. Il est gardé aux quatre angles par des hommes aussi immobiles que leurs uniformes sont blancs, armés de fusils à baillonnette. La salle est plongée dans l'obscurité, seul le corps embaumé du fondateur de la République Démocratique du Vietnam, décédé en 1969, est éclairé, donnant au corps un aspect de poupée de cire à la Madame Tussaud.

La foule, en file indienne et pressée par les gardes, est composée presque exclusivement de Vietnamiens visiblement émus. On regarde, mais on ne s'arrête pas. Impossible de prendre l'homme en photo. Appareils et sacs sont à laisser à l'entrée.
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Chi nous a également emmenés visiter un temple en périphérie de la ville, dans lequel se trouve un moine momifié, qui à décidé de se « laisser mourir » lors de sa dernière méditation... Il gît, assis dans la même position, en lotus, couvert d'or fin, dans une cabine de verre. Mystique à souhait! L'énergie positive de l'endroit est dite et reconnue par toute la population locale.
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Beaucoup plus terre à terre, nous sommes également passés par un endroit plus que surprenant, où la voie ferrée est à 50 centimètres des habitations... Entre deux trains, les habitants de ces « rues » investissent les rails pour y faire la cuisine ou la vaisselle. Le courant d'air produit par le passage des trains permet au linge de sécher plus vite. Les enfants s'y amusent à marcher en équilibre sur les rails... Il va sans dire que c'est un quartier très pauvre où le nombre d'handicapés est énorme, les accidents n'étant pas rares. Lors de notre passage le long des ces habitations de fortune, le train est passé... Ce fut une grosse montée d'adrénaline pour nous deux. Les grincements du trains, le klaxon incessant, ajoutés au frottements des roues à moins d'un mètre sont complètement assourdissants. Les habitants, eux vaquaient à leurs occupations quotidiennes comme si de rien n'était.
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Cette dame est dans sa cuisine.
Elle continue donc tranquillement à préparer sa viande...
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Nous avons effectué beaucoup d'autres visites à Hanoi. Si vous y passez, ne manquez pas le Temple de la Littérature, édifice datant du XIème siècle, le musée d'ethnologie, ou encore les temples, sans oublier de faire le tour du lac de l'épée rendue à la tombée de la nuit, heure à laquelle les jeunes romantiques se retrouvent en amoureux...

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Dans une ancienne maison restaurée, nous tombons sur un tournage de film
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A bientôt!

T&B

dimanche 15 mai 2011

Ninh Binh – Tam Coc

Le petit port de Tam Coc
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Après les pains de sucre dans l'eau, nous sommes allés dans la région de Ninh Binh, à Tam Coc, pour voir ce que les vietnamiens surnomment "la baie de Halong des rizières".
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Nous y sommes allés en train, depuis Hanoi, notre base depuis le début de notre séjour au Vietnam. Nous avions le choix entre voiture « siège dur » et « siège mou ». Tant qu'à faire, nous avons pris le siège dur... Nous n'avons pas été déçus! Le wagon ressemblait à une bétaillère, vu de dehors, avec ses grillages aux fenêtres. A l'intérieur, en effet, les sièges étaient durs: Ils étaient en bois! Des familles entières y voyageaient, de la mamie centenaire au nouveau né, sans doute 4 générations au moins partageaient ce moment, dans ce wagon bruyant et inconfortable. Mais quelle expérience pour nous!
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Pour ceux qui nous suivent depuis le début du blog, Tam Coc ressemble à ce qu'on trouve à Yangshuo et Guilin, dans le Guanxi, en Chine du Sud. La différence, c'est qu'ici, on se promène en barque au milieu de ces formations karstiques étonnantes, et que régulièrement, nous traversons des grottes de plusieurs centaines de mètres de long, en fait, toute la longueur du rocher. Nous passons en dessous. Notre guide rame tranquillement avec ses pieds, avec une aisance déroutante, tout comme tous les locaux. Il faut le voir pour le croire.
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Le paysage de la région est (encore), très joli, malgré les efforts des carrières à descendre les pains de sucre un par un pour en faire des sacs de ciment... Il y a des choses qu'il faut allez voir aujourd'hui. Il sera bientôt trop tard...
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Nous sommes revenus hier sur Hanoi (en bus, cette fois!), et repartons ce soir en train de nuit pour la région de Sapa, dans les montagnes du Nord, près de la frontière chinoise. J'espère que nous pourrons encore nous connecter de là-bas...
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Pour ceux et celles qui s'inquiètent en nous imaginant en train de passer un temps fou à trier-développer-publier nos photos sur le blog... Voici comment on s'occupe lorsqu'il pleut (si si, on vous en parle pas, mais ça arrive parfois...)
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Ca va, ça le fait... On a connu pire...
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A bientôt.
T&B

dimanche 1 mai 2011

Java en train

Tchakatckak, tchakatchak, tchakatchak...
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Après le Gunung Bromo, Nathalie, Sébastien et moi avons repris la route ensemble, en direction de Jogjakarta (Jogja pour les intimes) qui se trouve à peu près au milieu de l'île de Java, dans les terres.
Pour y aller, nous avons choisi un moyen de transport on ne peut plus local, le train, qui plus est, un « Ekonomi », c'est à dire un train régional, tracté par une locomotive diesel, s'arrêtant dans toutes les gares. Il nous a coûté deux euros, pour un trajet de 400km, en dix heures!!
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De mémoire, il y avait beaucoup de couleurs dans le train. Je ne sais plus ce qui m'a donné cette impression, peut-être les couleurs vives des habits que portaient les gens, leurs visages aux sourires jusqu'aux oreilles et leurs yeux grand ouverts fixés sur nous... Ou le paysage verdoyant qui défilait devant nos yeux au fur et à mesure que le trains avançait, peut-être... Ou encore la variété des choses que nous proposaient les petits vendeurs, qui, pendant les dix heures, inexorablement, faisaient des aller-retours dans les wagons, nous proposant à tour de rôle café, tofu, riz frit, eau, sacs, tongues, cahiers d'anglais ou de coloriage, jouets, snacks indonésiens, peignes, trousses de coutures, etc, etc.

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Dans l'allée, le vendeur de café à 2000 roupies (0,15€)
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Les femmes assises à côté de nous n'arrêtaient pas de nous offrir des snacks locaux, aux goûts parfois étonnants, pour minutieusement observer nos visages et voir si nous aimions ou pas. Le tout a été agrémenté par les musiciens qui passaient régulièrement, essayant de gagner quelques roupies. Le trajet a été un vrai spectacle de la vie indonésienne. Il a juste été (un peu) long, il y faisaitn une chaleur étouffante, et les sièges étaient défoncés, ce qui explique notre fatigue dans les jours qui ont suivi.
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(à suivre...)
T&B