dimanche 1 mai 2011

Jogjakarta en mosaïque

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Jogjakarta est une ville de taille humaine (moins d'un million d'habitants dans l'agglomération), plutôt agréable. Elle se situe au centre de l'île, entre les deux mégalopoles Jakarta et Surabaya, que nous avons préféré éviter.
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Étant l'endroit où se concentre la culture javanaise, il y a de quoi s'occuper pendant un petit moment. Les becak, ou pedikap, c'est à dire les rickshaws locaux, y pullulent. La ville est bigarrée et il peut nous arriver de ne pas savoir où donner de la tête.
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On peut acheter de tout dans plusieurs rues marchandes où s'enchaînent les stands de batik, d'argenterie, d'objets et de sculptures en bois, mais ce que nous avons préféré, c'est le marché central, l'endroit où nos sens sont confrontés à de nouvelles odeurs épicées, douces... on ne saurait plus trop dire. Il y a des images de vendeurs souriants se laissant prendre en photo (ou même le demandant!) qui vendent des bizarreries locales, des fruits tropicaux qu'on n'avait jamais vus, des épices pour faire la cuisine ou encore des herbes médicinales, de l'encens, des fleurs... Le plus fort reste toujours le contact avec ces gens simples, avec qui nous ne partageons aucune langue, et pourtant, il y a quelques chose de très sympa qui passe... un regard, un sourire, quelques mots prononcés sur un ton gentil (mais qu'on ne comprend pas), une photo demandée qu'on doit montrer par la suite, une fleur offerte...
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Vous reprendrez bien un peu de chauve-souris rotie?
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À Java, les gens aiment toujours leur wayang kulit (théâtre traditionnel d'ombres chinoises). Nous sommes allés voir un spectacle et n'avons rien compris à l'histoire (!), racontée en javanais, et basée sur l'épopée hindoue de Ramayana, qui est, avec Mahabharata, l'un des écrits fondamentaux de l'hindouisme (Java est pourtant une île musulmane). C'était tout de même intéressant à voir. Les spectateurs sont assis devant une toile blanche, derrière laquelle s'agite un seul bonhomme, faisant bouger les poupées et récitant le récit et les dialogues de tous les personnages. Il est impressionnant. Sur la toile, le public ne voit que les ombres des poupées. C'est très simpliste. Le spectacle est accompagné d'un orchestre de gamelan, musique traditionnelle de l'Indonésie. Une vingtaine de musiciens jouent toutes sortes de percussions, aux sonorités différentes (du gong au xylophone). Les femmes se joignent à eux de temps à autres en prêtant leurs voix, le tout donnant une atmosphère mystique, quasiment de transe.
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On retrouve l'orchestre de gamelan dans le Kraton, le Palais du Sultan. L'actuel Sultan de Yogyakarta est le gouverneur du centre de l'île de Java, et le palais est à sa disposition l'après midi. Autour, se trouve une très longue enceinte qui clôt l'ensemble et le village royal qui s'est construit autour. Les habitants du village - à l'intérieur des murs - sont payés par le sultan s'ils travaillent pour lui.
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L'orchestre du palais est composé d'une trentaine de personnes, habillées de façon traditionnelle. Ces musiciens se produisent lors de spectacles, assis à même le sol. Nous les avons vu lors de leurs heures de répétitions.
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Le batik (peinture sur soie ou coton) est très important dans toute l'Indonésie. Le tissu ainsi peint sert à la fabrication des sarongs (paréos) que les Indonésiens portent lors des cérémonies religieuses ou pour marquer les moments importants dans la vie (naissance, adolescence, mariage, mort...). Ils en font aussi des vêtements, des nappes, des sacs, des tableaux... Nous avons visité une fabrique traditionnelle que nous avons trouvé après une éprouvante marche à travers la ville, sous un soleil de plomb. Il s'agissait en fait d'un magasin, mais les vendeuses y étaient gentilles et l'une d'entre elles nous a fait visiter l'atelier et nous a tout expliqué, gratuitement. Ainsi nous avons pu voir les différentes étapes de la réalisation des tissus.
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D'abord, on reproduit au crayon à papier le patron (modèle) de base sur du tissu blanc (soie ou coton). Ensuite, on retrace ces lignes, toujours à la main, avec de la cire. Une fois la cire séchée, on trempe le tissu dans de la teinture. Elle colore les parties blanches, mais pas les parties avec de la cire. Ensuite, par trempage dans de l'eau bouillante, on enlève la cire pour découvrir les parties blanches se trouvant en dessous. A nouveau, avec de la cire, on dessine de nouveaux motifs sur le blanc restant et on trempe le tout dans une autre couleur. On répète ce processus, parfois de chaque côté du tissu, jusqu'à ce qu'on soit satisfait du résultat.
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Cela peut prendre plusieurs mois pour faire un seul sarong. C'est un véritable art. Le batik fait entièrement à la main coûte très cher, mais il existe aussi des techniques combinées où l'on utilise des tampons pour faire des empreintes de cire, ou même des techniques entièrement industrialisées. Ces dernières sont à l'origine des vêtements et des produits bon marché vendus de partout sur les marchés et dans les magasins des villes et villages touristiques.
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(à suivre...)
T&B

1 commentaire:

  1. Qu'est-ce-que vous attendez pour offrir vos services à GEO Magazine ???

    Suis baba. Reste sans voix...

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